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Peux-tu devenir gestionnaire même si tu es introverti?

21 Avr 2020Confiance en soi, Décrocher ton premier poste en gestion, Questions fréquentes

Tu es introverti.

Quelque chose t’appelle toutefois vers le leadership. Tu sens que tu pourrais apporter plus à ton organisation si tu étais gestionnaire.

Tu as envie d’essayer.

Mais une petite voix dans ta tête te dit que tu n’as pas la personnalité pour relever ce type de défi.

Après tout, la plupart des gens ne te décrivent pas comme un « leader naturel ».

D’ailleurs, ça veut dire quoi, être un « leader naturel »?

Peux-tu devenir un bon leader même si tu es introverti? En tant qu’experte de la personnalité au travail et du développement du leadership, j’ai des réponses pour toi.

Comment savoir si tu es réellement introverti

Peu de gens savent ce qu’est réellement l’introversion. Toutes sortes de définitions circulent. On prétend que tu es introverti si :

  • tu es stressé avant de parler en public;
  • tu ne regardes pas souvent les gens dans les yeux;
  • tu n’as que deux ou trois amis proches;
  • tu n’aimes pas prendre de risques;
  • etc.

Ces définitions sont fausses. Tu peux aimer parler en public tout en étant introverti. D’ailleurs, beaucoup d’extravertis n’aiment pas parler en public ou se sentent stressés avant chaque prestation. Ce n’est donc pas un bon critère.

Certains introvertis peuvent sembler timides. Par contre, les introvertis ne sont pas tous timides. Et il existe des extravertis timides. L’introversion est une question de préférence, alors que la timidité amène une certaine détresse.

En vérité, tu es le seul à pouvoir savoir si tu es introverti.

Voici la seule définition qui a un sens: habituellement, les personnes extraverties se sentent énergisées par le contact avec les autres. Pour l’introverti, la meilleure façon de recharger ses batteries consiste à passer du temps seul.

Qu’est-ce qui te donne de l’énergie? Être avec les autres ou passer du temps seul?

L’introversion n’est pas un défaut. L’extraversion non plus d’ailleurs! Il n’y a pas de bon ou de mauvais profil de personnalité.

Toutefois, chaque profil comporte des avantages et des inconvénients. Pour performer en contexte de leadership, tu dois simplement connaitre les impacts que ta personnalité peut avoir et les gérer proactivement.

 

Les extravertis sont de meilleurs leaders – vraiment?

C’est une idée tellement répandue. Je l’entends constamment.

Beaucoup de gens sont persuadés qu’il faut être extraverti pour être un bon leader. Après tout, quand on est gestionnaire, il faut animer des réunions,  parler en public et prendre des décisions. Pour cette raison, la plupart des décideurs associent le leadership à la dominance, l’action et la confiance en soi.

C’est même prouvé que les extravertis ont beaucoup plus de chances d’obtenir un poste en gestion que les introvertis.

Par contre, ce n’est pas nécessairement parce qu’ils seront de meilleurs leaders.

C’est plutôt parce que les décideurs ont davantage confiance qu’ils seront de bons gestionnaires. Ils sont éblouis par leur capacité à se mettre en valeur en entrevue.

Il est vrai que les leaders doivent développer un excellent savoir-être afin d’être performants dans leur rôle. Toutefois, certains confondent la quantité et la qualité des relations interpersonnelles.

Les gestionnaires trop confiants, qui ne laissent pas d’espace à leurs collaborateurs et qui dominent les conversations ont-ils un meilleur savoir-être que les introvertis? Sont-ils vraiment des leaders? Réussissent-ils vraiment à mobiliser leurs employés autour d’objectifs communs?

Les exigences face au leadership se sont dramatiquement transformées dans les dernières décennies. Auparavant, ceux qui obtenaient des postes en gestion avaient une personnalité forte, prenaient beaucoup d’espace et savaient se montrer fermes.

En 2020, ce type de leader est généralement perçu comme directif et étouffant.

Aujourd’hui, les organisations recherchent avant tout des leaders humains, qui ont un réel intérêt pour leurs employés et qui adoptent une approche participative.

Or, les données scientifiques sont claires: en situation de leadership, les introvertis possèdent naturellement certaines de ces qualités. Et ils peuvent les mettre de l’avant pour mieux diriger leurs équipes.

 

Les forces des leaders introvertis

Étant généralement moins désireux d’obtenir de l’attention, d’avancer leur carrière et d’être sous les feux des projecteurs, les introvertis sont plus susceptibles de donner de l’espace  à leur équipe pour briller.

Cette tendance contribue de manière marquée à la performance des équipes plus proactives. Celles-ci souhaitent généralement contribuer, prendre des initiatives et offrir des suggestions d’amélioration. Les introvertis seront portés à écouter attentivement leurs idées et à s’y montrer réceptifs – jusqu’à 20% plus fréquemment que les extravertis, selon les études.

Dans ces études, en raison de la meilleure réceptivité des introvertis, les équipes proactives dirigées par des leaders introvertis étaient beaucoup plus susceptibles de mettre en place des idées innovantes et de résoudre des problèmes complexes. L’impact est majeur: on parle de 24% plus de performance pour ces équipes.

À l’inverse, les leaders extravertis qui géraient des équipes proactives semblaient se sentir plus menacés par les initiatives et les suggestions de leurs employés. Cela avait compromis la performance de l’équipe et généré beaucoup de frustrations.

Les introvertis peuvent également être meilleurs pour avoir des conversations seul à seul, en profondeur, avec leurs employés sur leurs aspirations professionnelles et leurs besoins de développement. Avec un peu d’entraînement, ils peuvent devenir très doués dans l’écoute et le coaching.

Pour cette raison, certains croient aussi que les introvertis sont plus susceptibles d’écouter et de mettre en valeur leurs employés introvertis. Ils les comprennent mieux et savent naturellement comment les gérer de manière à les motiver et à propulser leur performance.

Les pièges qui te guettent

C’est réglé: tu sais maintenant que les introvertis peuvent être d’excellents leaders. Ce n’est pas un obstacle si tu souhaites devenir gestionnaire.

Par contre, certains pièges peuvent guetter les leaders introvertis. Si tu en es conscient, tu augmentes drastiquement tes chances de décrocher ton premier poste en gestion et de devenir un grand leader.

 

1. Penser que tu n’aimeras pas ça

La plupart des introvertis ne cherchent pas à devenir leaders, parce qu’ils ont l’impression qu’ils n’aimeront pas ce type de tâches.

Lorsque des chercheurs ont demandé à 184 étudiants de prédire comment ils se sentiraient s’ils devenaient leaders, les introvertis étaient beaucoup plus susceptibles de croire qu’ils se sentiraient stressés et inquiets.

Les extravertis, eux, s’imaginaient vivre davantage d’émotions positives comme de l’enthousiasme et de la fierté.

Mais ce qui est le plus intéressant dans cette étude, c’est que les introvertis sous-estimaient le plaisir qu’ils auront à agir de manière extravertie et à socialiser.

Une fois devenus leaders, les participants introvertis de l’étude ont rapporté vivre autant de plaisir et d’émotions positives que les extravertis lorsqu’ils exercent leur leadership.

Je me reconnais beaucoup dans ce portrait. J’anticipe toujours les événements de réseautage auxquels je décide de participer:

  • J’ai peur de trouver le temps long;
  • J’ai peur de ne pas réussir à connecter avec quiconque;
  • J’ai aussi peur de passer la soirée seule dans mon coin, sans arriver à m’intégrer à un groupe;
  • J’ai peur d’avoir perdu mon temps;
  • Etc.

Bref, ma liste de craintes est toujours très longue. Pourtant, quand je reviens à la maison ensuite, mon conjoint observe que je suis remplie d’énergie. Je lui partage toutes sortes d’idées nouvelles que j’ai apprises en faisant la conversation à de purs étrangers. C’est évident que j’ai eu du plaisir et que ça m’a apporté beaucoup de faire de nouvelles rencontres.

C’est probablement une autre raison qui explique pourquoi les introvertis sont moins susceptibles de devenir des gestionnaires. Ils s’imaginent qu’ils vivront l’enfer, et ces pensées agissent comme une barrière psychologique, comme un frein au leadership. Ils sont moins portés à rechercher des opportunités d’obtenir un poste en gestion.

Cesse de t’imaginer qu’être leader sera désagréable pour toi. Saisis plutôt quelques opportunités de démontrer du leadership, par exemple en prenant en charge un projet qui en demande. Porte attention à comment tu te sens – selon la science, tu te sentiras mieux que ce que tu avais prévu au départ.

 

2. Ne pas suffisamment faire valoir ton leadership à l’embauche

De nombreux futurs leaders introvertis ont de la difficulté à se vendre en entrevue.

De plus, les interviewers, encore aujourd’hui, peuvent avoir des biais envers les introvertis et juger qu’ils ne seront pas capables d’être de bons leaders.

En général, ce sont les personnes charismatiques, qui mettent leurs forces de l’avant et qui affichent beaucoup de confiance en eux qui réussissent à passer leurs entrevues.

Ainsi, si tu es plus introverti et que tu souhaites décrocher ton premier poste en gestion, tu gagnes à te faire accompagner par un professionnel. Il t aidera à te mettre davantage en valeur dans les entrevues d’embauche et à développer ton aisance à parler de tes forces et de tes réalisations.

 

3. Oublier de connecter

Il y a quelques années, j’ai rencontré en l’espace d’une semaine deux leaders qui manquaient de temps, mais pour des raisons bien différentes.

Le premier me disait: « Je n’ai pas le temps de rencontrer mes employés seul à seul, car j’ai trop de travail administratif à faire. »

Le deuxième me partageait exactement l’inverse : « Je n’ai pas le temps de m’acquitter de mes tâches administratives, car je dois rencontrer mes collaborateurs le plus souvent possible pour les aider à accomplir leurs projets. »

J’ai réalisé que les leaders « manquent de temps » pour ce qu’ils considèrent moins important ou ce pour quoi ils se sentent moins outillés.

Cette tendance à accorder plus de temps aux tâches qu’aux gens se manifeste plus souvent chez les leaders introvertis. Ces leaders ont souvent eux-mêmes moins besoin d’interactions. Ils peuvent ainsi sous-estimer la quantité d’interactions dont leurs employés ont besoin.

Tous les leaders ont intérêt à créer et maintenir des relations interpersonnelles fortes avec ses collaborateurs.

Certains introvertis – pas tous! – ont toutefois tendance à être davantage centrés sur la tâche que sur les gens. Peut-être qu’avant de devenir leader, ils réussissaient à être performants sans trop se préoccuper de leurs relations. Mais une fois qu’ils le deviennent, cela ne tient plus.

Les recherches les plus récentes suggèrent qu’il faut démontrer de la chaleur et de la considération pour les autres avant d’être en mesure de les influencer.

Peu de leaders sont efficaces s’ils ne sont pas aimés de leurs employés. Tout devient plus difficile lorsqu’un leader est froid, distant ou peu intéressé. Le leader perd en influence. Il n’est pas tenu informé et manque des communications importantes. Les employés ne saisissent pas autant les opportunités d’apprendre de lui.

Les meilleurs leaders mettent l’accent sur la qualité des relations et non pas sur la quantité. Il n’est pas utile de consacrer tout ton temps à rencontrer ton employé pendant deux heures si c’est pour avoir des discussions vides ou centrées sur toi. Ce n’est pas l’objectif de ces rencontres.

Il vaut mieux avoir une conversation de quinze minutes qui aborde les vraies choses et lors de laquelle l’employé se sent compris.

Et les introvertis sont souvent bons pour ça. 

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 3. Devenir invisible 

Les leaders introvertis que j’ai accompagnés sont souvent très humbles. Ainsi, ils ont tendance à travailler dans l’ombre, sans trop faire de bruit.

Puisqu’ils ne sont pas en quête d’attention, ils ne cherchent pas à faire valoir leur travail… ni celui de leur équipe.

Les employés apprécient souvent que leur gestionnaire ne s’approprie pas tous les succès ou prennent toute la place. Par contre, ils peuvent tout de même avoir besoin que leur travail soit reconnu par les autres.

En d’autres mots, les leaders introvertis peuvent tomber dans le piège de sous-estimer la quantité de visibilité et de reconnaissance que leurs employés ont besoin d’avoir pour être motivés.

Par ailleurs, il peut être difficile pour les supérieurs ou les collègues du leader introverti de comprendre comment ce dernier contribue à l’organisation, et à quel degré. Le leader introverti gagne donc à faire davantage d’efforts pour démontrer sa valeur et les résultats qu’il obtient.

Tu peux aussi augmenter ta visibilité en consultant ces trucs de Quiet Revolution sur les leaders introvertis.

 

4. Manquer d’énergie

Les introvertis sont plus à risque d’épuisement professionnel. La raison est simple: au travail, nous interagissons constamment avec d’autres êtres humains. Et pour les introvertis, les interactions tirent beaucoup d’énergie.

En situation de leadership, c’est pire encore. Tous les leaders vont te le dire: la gestion des employés demandent de l’écoute, de la patience et de l’empathie. Et tout cela demande de passer beaucoup de temps avec les employés.

Ainsi, les leaders introvertis ont encore plus avantage que les autres à écouter les signaux que leur corps envoie.

En gérant mieux le stress et en prévoyant des moments de solitude pour recharger leurs batteries, ils gardent leur réservoir d’énergie bien plein. Ainsi, ils sont mieux équipés pour relever les nombreux défis que comporte leur rôle.

Ta personnalité n’est pas importante

Oui, je sais, je suis experte de la personnalité au travail. Visiblement, j’accorde une certaine importance à la personnalité des gens.

Pourtant, au travail, ce qui compte, ce n’est pas ta personnalité. Ce sont tes comportements.

Les gens sont souvent surpris d’apprendre que je suis (très) introvertie. C’est parce que l’introversion fait partie de ma personnalité – et ma personnalité est invisible.

Je choisis régulièrement d’adopter des comportements « extravertis »: sourire, poser des questions aux gens pour entamer la conversation, adopter un ton chaleureux, inclure les gens dans les projets, etc.

Ce n’est pas que je me force à être quelqu’un d’autre. J’essaie simplement d’adopter le comportement qui m’apparait le plus intelligent, selon le contexte.

C’est parfois difficile. Cela me demande parfois beaucoup d’énergie. Et les gens qui me connaissent bien finissent tous, un jour ou l’autre, par voir mon côté sauvage.

Tu peux avoir une personnalité très introvertie. Mais tu peux décider de développer des comportements différents afin de répondre aux exigences d’un rôle de gestionnaire.

Tu peux préférer être seul ET prendre du temps chaque jour pour connecter avec ton équipe.

Tu peux avoir envie de te concentrer sur ton travail ET planifier des réunions où tu feras circuler l’information auprès de tes employés.

Je ne te propose pas de devenir quelqu’un d’autre. Tu peux conserver ta personnalité actuelle, mais changer tes actions aux moments où cela te parait important de le faire.

D’ailleurs, plusieurs études ont démontré que les introvertis sont tout à fait capables d’adopter des comportements extravertis lorsqu’ils le désirent. Non seulement ils en sont capables, mais ils aiment agir ainsi autant que les extravertis.

La clé du succès est ailleurs

Bien que la plupart des introvertis possèdent des forces applicables au leadership, il y a un facteur qui aura beaucoup plus d’impact sur ta performance comme leader.

C’est d’être capable de gérer ton impact.

L’un des facteurs qui prédit le plus la performance chez les leaders est la flexibilité. Il s’agit de bien lire les situations afin de faire les bonnes actions au bon moment.

C’est de savoir reconnaitre les moments où tu peux te permettre de réagir en introverti, et les moments où il vaudrait mieux explorer d’autres comportements.

Au-delà de ton introversion, tu peux certainement compter sur certains leviers pour bien performer comme leader.

L’écoute, la capacité à avoir des conversations en profondeur, le désir de mettre les autres en valeur plutôt que soi-même sont des qualités fréquemment observées chez les introvertis. Tu en possèdes certainement au moins une qui peut t’aider à apporter de la valeur et à avoir de l’impact comme leader. 

Tu peux aussi t’entourer pour pallier à tes lacunes. Par exemple, tu peux utiliser les extravertis de ton équipe pour créer une atmosphère plus détendue et rassembler le groupe.

Tout n’a pas besoin de venir du leader! Les meilleurs leaders, qu’ils soient extravertis ou introvertis, ne sont pas plus compétents que les autres. Par contre, ils savent s’entourer et utiliser au maximum les talents de leurs collaborateurs.

Plutôt que de chercher à tempérer ton introversion, donne-toi le défi de développer tes talents, ta flexibilité et ta capacité à t’entourer.  

Suis ma formation gratuite pour t’aider à bien calibrer ton approche pour devenir gestionnaire et amplifier ton leadership.

Et, au besoin, lis ou relis mon article pour optimiser les 6 étapes du processus d’embauche en contexte de leadership – tu y trouveras des pistes pour trouver ton chemin vers la gestion plus rapidement.